mercredi 17 avril 2013

Comment traiter efficacement ses problèmes de trésorerie



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Lorsqu'un chef d'entreprise fait face à d'importantes difficultés de trésorerie dans sa société, il n'a finalement que peu de solutions pour s'en sortir : soit il se met sous la protection du Tribunal de Commerce, soit il prend le problème à bras le corps.

En effet, se mettre sous la protection du Tribunal de Commerce peut conduire à un redressement de l'entreprise par la mise en place d'actions adaptées à sa situation, mais, si cette opération est mal préparée, elle peut se terminer en liquidation. La gestion concrète et effective des problèmes qui ont conduit aux problèmes de trésorerie peut donc être envisagée comme un premier recours; en cas d'échec, il sera alors toujours temps de se tourner vers le Tribunal de Commerce.

Cette façon de fonctionner a selon moi deux avantages :
  • elle montrera au Tribunal de Commerce la bonne volonté du dirigeant qui a tout tenté pour s'en sortir
  • elle préparera le chef d'entreprise à affronter la période d'observation plus efficacement et augmentera ainsi ses chances de s'en sortir.


Mais comment faire pour traiter ces problèmes ?

1) Faire un diagnostic sans se mentir

La première chose à faire avant de savoir où on veut aller, c'est de savoir d'où on part.

Il est donc très important de faire un diagnostic complet de la situation de trésorerie, mais également des éventuels dysfonctionnements de l'entreprise qui conduisent à cette situation. Il ne faut en effet pas de mentir sur la situation et même si les chiffres font peur, ce n'est pas dramatique en soi.

En effet, si l'entreprise a des problèmes de trésorerie c'est que, basiquement, elle doit sortir à un moment donné plus d'argent qu'elle n'en reçoit. Elle peut être en croissance rapide, mais ce cas n'est pas l'objet de cet article. Cela signifie aussi qu'elle dépense trop par rapport à ses revenus. Cela se traduit donc par des retards dans certains paiements. Le chef d'entreprise pris à la gorge commencera par déclarer moins de TVA que prévu puis ne paiera, après négociation bien sûr, que la part salariale de l'URSSAF et ainsi de suite.

Tous ces signes montrent des difficultés de trésorerie et ces dettes sociales et fiscales doivent donc être mises en priorité dans la liste car le risque est que ces organismes assignent l'entreprise devant le Tribunal de Commerce, et c'est précisément ce qu'on veut éviter ...

Il est alors temps de savoir pourquoi on en est là. Pour simplifier, les charges les plus importantes d'une entreprise sont, dans le désordre : les salaires, les achats de matière première et les charges dites externes prises dans leur globalité. Il va donc falloir rapidement analyser la situation pour savoir quelles sont les charges qui sont à l'origine de la situation. 

2) Agir fermement sur les dysfonctionnements majeurs

Après avoir analysé la situation on va se rendre compte de plusieurs dysfonctionnements structurels. Il existe également des problèmes conjoncturels, mais c'est un autre sujet car leur traitement est complètement différent.

On peut par exemple se rendre compte que :
  • les achats sont très mal gérés : pas de négociation, pas de mise en concurrence, etc.
  • le travail est mal organisé : cela peut se traduire par la suppression de certains postes ou par une redistribution des rôles de chacun afin de les rendre plus efficaces
  • les charges fixes n'ont jamais été remises en cause : les contrats d'assurance, l'électricité, le chauffage, la mutuelle, etc. sont autant de gouffres financiers possibles
Il faut sérier les problèmes.

Ainsi, il faut regarder quels sont les postes qui ont le plus de poids et les réduire sans état d'âme. C'est malheureux à dire, mais combien de chefs d'entreprise voient leur société partir en liquidation et qui sont cependant fiers de dire qu'ils ont réussi à garder tout le personnel jusqu'au bout ...
Combien de chefs d'entreprises n'osent pas renégocier leur prime d'assurance car l'assureur est un ami ? Ou combien encore n'ont pas envie de vexer leur fournisseur en cherchant ailleurs ?

Ces cas sont beaucoup plus nombreux qu'on peut l'imaginer, c'est pour cela qu'après avoir identifié les problèmes il faut les traiter avec fermeté et, encore une fois, sans état d'âme. La vie de l'entreprise est en danger, il faut donc savoir pour qui on se bat.

Concernant l'aspect social, si le chef d'entreprise est amené à licencier des salariés, cela doit se faire de manière ferme mais dans le respect des personnes. Il faut donc communiquer en permanence sur la gravité de la situation et sur la nécessité de supprimer certains postes. C'est bien dans ce sens que cela doit se passer : le licenciement des personnes n'est que la conséquence de la suppression des postes, pas l'inverse.


3) Suivre les actions mises en place

Tout le travail précédent doit être fait en même temps qu'on va mettre en place des indicateurs qui permettront de mesurer les effets des mesures prises.

Il faut être très vigilant sur le fait que si certains effets se voient immédiatement (baisse des achats par exemple), d'autres sont plus longs à apparaître. Ainsi, le départ de salariés, coûte à l'entreprise, surtout si les salariés ont de l'ancienneté. L'effet d'un licenciement ne se voit donc pas de suite, sauf si des revenus exceptionnels sont venus compenser ces charges également exceptionnelles.

Il ne faut par ailleurs pas perdre de vue que si l'entreprise en est arrivé à cette situation, c'était pour certaines causes qui a priori ont été traitées. Il faut donc éviter de replonger dans les difficultés une fois que la situation commence à s'améliorer. Dans un environnement constant, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il faudrait être sérieusement masochiste pour vouloir revivre les instants difficiles qui viennent d'être vécus !

Il ne faut donc lâcher sur rien et, par exemple, garder les habitudes de négociation des prix des fournisseurs, et ne pas faire d'embauches de "confort" par exemple. Cela permettra, lorsque l'entreprise ira mieux, d'augmenter les bénéfices et donc ses fonds propres, qui la rendront moins fragile face à une prochaine crise.


Pour résumer, que ce soit pour traiter soi-même un problème important de trésorerie ou pour augmenter ses chances de réussite d'un plan de sauvegarde ou de redressement, le chef d'entreprise doit procéder avec rigueur et sans état d'âme à un diagnostic de la situation, puis mettre en place des actions visant à améliorer la situation et enfin s'assurer de leur pérennité pour sécuriser l'avenir.


Et vous, comment avez-vous géré vos problèmes de trésorerie ?

Pour aller plus loin : 


           

3 commentaires:

  1. La trésorerie est tellement importante pour le fonctionnement de l’entreprise que le dirigeant doit absolument activer toutes les solutions qui vont lui générer de la trésorerie, comme l’affacturage ou les crédits de trésorerie. Il ne doit pas considérer le coût comme un frein car si c’est effectivement une perte de marge c’est surtout le moyen d’un bon fonctionnement et l’assurance de pouvoir faire perdurer les activités de l’entreprise.

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  2. Autre levier pour traiter ses problèmes de trésorerie: l'échange de services entre entreprise qui permet d'obtenir des services sans toucher à sa trésorerie. Découvrez www.pro.yakasaider.fr

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    1. C'est tout à fait vrai. J'avais abordé ce sujet dans un autre article traitant des espaces de co-working. La mise en relation d'entreprises intervenant dans différents secteurs peuvent permettre des échanges de services sans passer par la case financement ! Ceci est bien entendu limité à certains services mais pour ce qui concerne des prestations intellectuelles comme l'expertise-comptable, le juridique ou même la gestion des ressources humaines, il doit être possible de trouver des solutions ...

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