lundi 7 octobre 2013

Une histoire de confiance



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Je ne suis pas historien de l’économie et ne prétends donc pas faire ici un essai sérieux sur l’histoire des relations entre les banques et les entreprises. Ce qui suit n’est donc que pure fiction, mais a le mérite d’expliquer pas mal des choses que les chefs d’entreprise vivent au quotidien.



Acte I : Tout allait bien …

A une époque lointaine, les entreprises discutaient régulièrement avec les banques qui leur prêtaient l’argent dont elles avaient besoin pour se développer. Les banquiers, étaient des gens qui côtoyaient régulièrement les entreprises, les connaissaient bien et avaient confiance en leurs gérants.

Il faut dire qu’à cette époque, les projets étaient bien cadrés car en cas de faillite, le chef d’entreprise perdait tout et son honneur, ce qui était insupportable. Les dirigeants d’entreprise faisaient donc tout pour gérer leur affaire en bon père de famille. Cela était également vrai pour les banques qui étaient souvent des structures familiales.

Bien entendu, lorsque les investissements étaient importants, le banquier pouvait demander des garanties, mais souvent la confiance suffisait.

Acte II : … Et puis les choses de sont dégradées …

Les temps ont évolué, les entreprises et les banques aussi.

En grossissant, les deux anciens partenaires ont dû se structurer davantage et la première conséquence a été que les banquiers ont fait faire le travail de proximité par des salariés qui ne connaissaient plus rien à l’entreprise.

La confiance n’était plus là car le seul objectif des banques était devenu d’être rentables et de respecter les contraintes imposées par des organismes tiers ou des accords internationaux. Ainsi, à chaque fois qu’une entreprise voulait investir, elle devait montrer patte blanche et fournir toutes les garanties nécessaires.

Mais il existait toujours la confiance entre les entreprises. Effectivement, entre gens du même milieu on se comprend et on partage les mêmes contraintes. Entre chefs d’entreprises, on a les mêmes problèmes de retards de paiement de ses clients, de décalage de chantier, de défaut de production, etc.. Bref, on accepte des délais de paiement entre fournisseurs et clients …

Heureusement donc que cette confiance existe car elle permet de soulager la trésorerie des entreprises. Mais …

Acte III : … Vers un monde sans pitié …

Mais, c’était sans compter avec les banques qui aiment bien voir ce qui se passe et le cas échéant gagner de l’argent sur le dos d’une économie qui tournerait parfois mieux sans elles.

En effet, comment gagner de l’argent sur ces crédits accordés entre entreprises par le biais des délais de paiement ? En inventant l’assurance-crédit !

Et oui, ce système est littéralement diabolique : il a instillé le doute dans la relation entre entreprises. Etes-vous sûr que vous allez être payés ? Et si votre client disparaît avant de vous avoir réglé ? Ces questions ont un sens, certes, mais elles ont surtout contribué à casser ce qui restait de cette époque où on se faisait confiance.

Il faut dire que certaines entreprises  ont grossi et que désormais, elles ne voient plus leurs clients ou leurs fournisseurs comme des partenaires mais bien comme des simples clients ou des simples fournisseurs qu’il faut pressurer pour maintenir ses marges.

Les assureurs-crédits ont donc trouvé le moyen de remplacer la confiance inter-entreprise par un service rémunéré et qui, au final, n’apporte quasiment aucune garantie, tellement les contrats sont bien ficelés …

Acte IV : Alors ?

L’entreprise est donc aujourd’hui seule, coincée entre des banques qui ne lui prêtent que si elle a suffisamment d’argent dans ses caisses pour la rembourser, d’autres entreprises qui n’acceptent de lui vendre des produits avec des délais de paiement raisonnables que si leur assureur-crédit la gratifie d’une bonne note, et des clients qui paient quand ils veulent.

Ce bilan n’est pas brillant, mais il est pourtant un résumé de ce que vivent au quotidien la majorité des PME. Tout cela parce que la confiance qui existait entre les différents acteurs de l’économie a disparu …


Et vous, pensez-vous vivre une relation de confiance avec vos « partenaires » ?

Pour aller plus loin :
           

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