mercredi 31 juillet 2013

Embaucher ? Pour quoi faire ?



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Officiellement la crise dans laquelle notre pays est plongée a démarré en 2008. Certes, ses effets se sont fait sentir un peu plus tard suivant les secteurs et les régions, mais elle a bien fini par arriver. Si on ne regarde que les secteurs concernés par la crise, on constate que la première action qui a été menée a consister à "réduire la voilure". En d'autres termes, à réduire ses charges fixes pour faire face à la diminution de revenus.

Le problème avec cette "crise" est qu'elle dure et qu'elle semble s'être installée pour longtemps. Bien sûr, les hommes politiques tentent de nous rassurer en expliquant qu'on va en sortir car il y a des "frémissements" et que certains indicateurs montrent un redémarrage. Mais ces indicateurs sont-ils vraiment pertinents ?

Par ailleurs, mettons-nous un instant à la place d'un chef d'entreprise qui a vu ses marges et son carnet de commandes fondre comme neige au soleil. Il a bien entendu commencé par supprimer les postes tenus par les intérimaires et ne pas renouveler les CDD. Comme cela ne suffisait pas, il a peut-être dû taper dans le dur : faire des licenciements parmi son personnel stable.



En effet, cette crise a eu, quelque part, un effet salutaire pour son entreprise : celui de se remettre en cause. Tel poste est-il vraiment utile ? Ai-je vraiment besoin d'une secrétaire ET d'une comptable ? Bref, certains salariés ont fait les frais d'une réorganisation, souvent justifiée par la situation économique et par les perspectives à moyen terme de l'entreprise.

Mais voilà, comme la crise est toujours là, l'entreprise a appris à vivre chichement, en demandant beaucoup aux salariés qui restent : certains cumulent désormais plusieurs fonctions (tout en n'ayant pas été augmentés), les heures supplémentaires augmentent, même si le fait de les re-fiscaliser les a rendu moins attractives, etc..

Et puis il a revu ses process internes, il a cherché à optimiser ce qui pouvait l'être. En d'autres termes, il a augmenté sa rentabilité : faire plus avec moins ...

Comment gérer la reprise dans ces conditions ?

Les politiques, encore eux, pensent que mécaniquement, la reprise va se traduire par de nouvelles embauches car les entreprises vont devoir faire face à une hausse de leur activité. Et c'est là où ils se trompent (dans une certaine mesure) car il y a un dicton qui s'applique très bien au cas présent : chat échaudé craint l'eau froide !

Mettons-nous encore une fois dans la peau du chef d'entreprise qui a affronté la crise : il a licencié (et a pu par là même constater que cela coûtait très cher et que c'était long ...), il a sans doute mis la main à la poche (en diminuant ses revenus, en injectant de l'argent), tout en devant gérer la défection de certains "partenaires" bancaires.

On a donc aujourd'hui un homme ou une femme qui a vécu près de 5 années terribles qui lui ont fait prendre conscience de certaines choses et surtout qui l'ont rendu extrêmement prudent(e).

En conséquence, si reprise il y a, elle n'aura à mon sens pas d'effet immédiat sur les embauches car les chefs d'entreprises attendront sans doute plusieurs mois (voire années) une confirmation de la tendance avant de prendre le "risque" d'embaucher.

Un autre effet de la crise étant d'assécher la trésorerie, il va d'abord falloir chercher à reconstituer ce matelas qui lui a permis de tenir pendant ces années noires. Ce n'est donc pas en embauchant qu'il va pouvoir le faire.

Non, en réalité, il préfèrera demander encore à ses salariés de faire des efforts, quitte à les rémunérer un peu mieux.


Il donc fort probable que, même si une embellie se profile, elle ne profite pas aux chômeurs. Les entreprises vont en effet d'abord commencer à reconstituer leurs fonds propres, continuer à travailler sur la rentabilité de leur affaire et, seulement après, si l'amélioration se confirme nettement, envisager d'embaucher. Finalement, tout se résume à un problème de confiance en l'avenir, chose qui ne décrète pas, mais qui se construit petit à petit ...

Et pour vous, la sortie de crise se traduit-elle automatiquement par des embauches ?

Pour aller plus loin : 

           

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